TOP & FLOP 2011

30 Déc

Par Joris

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26_TOP2011_4Voilà que 2011 va se terminer et c’est déjà l’heure des décomptes. L’année aura été une très bonne année autant pour le cinéma Français que pour les sorties internationales. On aura eu le droit à un florilèges de très bonnes surprises couplées à des valeurs sûres qui n’auront pas trop déçues. Voici donc ci dessous mes TOP et FLOP 2011 de l’année, arguments attachés.

MON TOP 2011

1. Polisse de Maïwenn
Mon numéro un, incontestable. C’est le seul film de l’année que j’ai été voir plusieurs fois au cinéma cette année. Je me souviens, la première fois, avoir pris une énorme claque émotionnelle et une leçon de mise en scène et de direction d’acteurs, comme rarement jusqu’alors dans un film français. Bien que parsemé de scènes parfois maladroites (La gentille arabe contre le méchant arabe, Le catalogue de cas, Les méchants roumains) le film de Maïwenn fonctionne par sa volonté de bien faire, son audace, et surtout son intime sincérité. Le casting est d’une puissance rare. Le meilleur « ensemble » de l’année.

2. 127 Hours de Danny Boyle
En ma qualité de monteur de formation j’ai été littéralement bluffé par l’aspect technique du film, et son sens brillant du montage. Danny Boyle réussit le tour de force de transformer son exercice de style en un manifeste d’école : ou comment filmer un personnage, seul, et en huis clos. On vit ses 127 heures, comme le héros, le bras coincé sous ce rocher. Un film intense, et une expérience de survie. Le film-expérience de l’année.

3. Super 8 de J.J Abrams (=) Tintin et Le Secret de la Licorne de Steven Spielberg
Il était difficile de départager ses deux films. Ses deux super-production made-in Spielberg démontrent d’un côté que le maître est toujours vivant, puisque son Tintin, beau et effrayant à la fois, est d’une élégance de mise en scène rare, un bijoux de technologie intelligente. Et de l’autre, que le maître a peut être trouvé en J.J Abrams son meilleur héritier, avec ce Super 8, madeleine de Proust par excellence. Je vous invite à lire mon article sur Super 8 pour Intervista, un peu plus complet. Les Blockbusters de l’année.

4. Drive de Nicolas Winding Refn
C’est un de mes films fantômes de l’année. L’un de ces films qui hantent, qui font leur nid progressivement dans le coin de la tête. En sortant de la salle, si j’étais conquis par le film j’en suis aujourd’hui tout simplement fanatique. C’est au fil des semaines, des mois, que j’ai remarqué que ce premier film Hollywoodien de Nicolas Winding Refn était vraiment l’un des films qui m’avait le plus marqué cette année. Rien que pour sa scène d’introduction, le film mérite tous les prix de la mise en scène du monde. Le film générationnel de l’année. (L’article sur Intervista)

5. The Artist de Michel Hazanavicius
C’est le film français audacieux de l’année, dont le destin pourrait bien s’orner d’or et de statuettes tant il devient un outsider de luxe, plus encore, un favoris, pour la prochaine Cérémonie des Oscars ! Cet hommage vibrant et sincère de Michel Hazanavicius au cinéma muet Hollywoodien est un enchantement, un plaisir de cinéphilie pure. Le film hommage de l’année. (L’article sur Intervista)

6. Habemus Papam de Nanni Moretti
Le réalisateur Italien évite le pamphlet simplet sur le Vatican pour proposer un très touchant portrait d’un pape qui ne veut pas être pape. Le scénario est d’une élégance rare, qui mêle instant magique et poétique, avec des grands moments de comédie. La scène de Volley-Ball est déjà destiné à devenir culte. Le scénario de l’année.

7. Carnage de Roman Polanski
Bien qu’un peu déçu par sa fin, le film de Roman Polanski m’aura séduit principalement pour son quatuor d’acteurs au sommet de son art. On prend un plaisir malsain à voir ses couples s’entretuer pour une affaire de gosses et le réalisateur réussit l’exercice de style avec un sens de la mise en scène toujours aussi aiguisé. Le meilleur casting de l’année.

8. True Grit des Frères Coen’s
L’un des films qui risquait fort de finir aux oubliettes du fait qu’il est sortit en début d’année, ce genre de films qui parfois, finissent simplement par être de lointain souvenirs. J’ai préféré « sauver » le film des Coen’s plutôt que Black Swan, car si je me souviens avoir eu une légère frustration sur la fin de ce dernier, la vision du Western Crépusculaire des Frères Coen’s m’avait, lui, au contraire, totalement séduit pour sa maitrise complète. Le meilleur Western de l’année.

9. Intouchables de Toledano/Nakache
Raillé par la critique depuis son incroyable score, le film du duo Toledano/Nakache ne démérite pas son succès. Cette petite fable sociale sans prétention est une bouffée d’air frais, qui apparait véritablement à part dans la comédie française actuelle. Si Omar Sy étonne, c’est François Cluzet qui mène le film, figé sur son fauteuil, il dévoile encore quelques facettes supplémentaires de son jeu. Le meilleur acteur français de sa génération dans un film solaire. La comédie de l’année.

10. Midnight in Paris de Woody Allen (=) Hugo Cabret de Martin Scorsese
Les deux derniers films de mon TOP 10 (qui en contient donc 12 en fait, j’ai triché) ont le point commun de se dérouler à Paris. Le Paris de Woody Allen est rêvé, touristique, nocturne et enchanteur. Celui qui s’était légèrement épuisé dans les mêmes thématiques revient ici avec un film beaucoup plus léger et décalé. Quant à Martin Scorsese, il nous embarque avec son « Hugo » dans un Paris féérique qu’aurait pu imaginer Méliès à qui il rend un vibrant et très touchant hommage. Les « Paris » gagnés de l’année.

MAIS J’AI BEAUCOUP AIME AUSSI

« The Green Hornet » de Michel Gondry, « Restless » de Gus Van Sant, « Titeuf, le film » de Zep, « Balada Triste de Trompeta » de Alex de la iglesia, « Case Départ » de Ngijol/Eboué, « Harry Potter et les reliques de la mort -Part 2″ de David Yates, « Planete des Singes : Origins » de Ruppert Wyatt, « Oxygene » de Hans Van Nuffel, « Black Swan » de Daren Aronofsky, « Paul » de Greg Mottola, « True Grit » des Frères Coen, « Chez Gino » de Samuel Benchetrit, « Contagion » de Steven Soderbergh,« Attack the Block » de Joe Cornish.

Et je n’arrive pas à me faire d’avis sur « The Tree of Life » de Terrence Malick. Ni pour, Ni contre.

MON FLOP 2011

1. Philibert de Sylvain Fussé
Ce pastiche ridicule oublie que des acteurs en roue libre et des décors en carton pâte ne donne pas nécessairement du Monthy Python, non messieurs, il faut aussi un bon scénario, et des bons dialogues. Le nanar de l’année.

2. Somewhere de Sofia Coppola
A trop tenter de capter la vacuité de la vie de cette star dont elle fait le portrait, Sofia Coppola finit par ne rien filmer. Mais filmer du vide pendant près de deux heures, ça ne fera pas de toi la digne héritière de papa, ma pauvre Sofia. Le film sur-estimé de l’année.

3. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli
En adaptant leur propre histoire à l’écran, le couple Donzelli/Elkaïm accumule les clichés de la bourgeoisie bohème Parisienne que je débecte tant, et prend l’audace de citer Truffaut aux détours d’une voix off narratrice inutile. A noter que Donzelli filme comme elle joue : mal. La morale du film, plus qu’une ôde à la vie, révèle plutôt un égocentrisme exacerbé, du genre « regardez comme on est géniaux, tellement géniaux qu’on se filment entrain d’être géniaux ». Le film nombriliste (et bobo) de l’année.

4. Au Delà de Clint Eastwood
Le culte que je porte à Clint et à sa deuxième partie de carrière de réalisateur, me rend particulièrement intransigeant à son égard. Si « Invictus » le précédent était déjà un peu essoufflé et bien moins brillant que ses paires, ce « Au-Delà » est tout bonnement le pire film que Clint a réalisé jusqu’alors. Niais, tire-larme, surlignant l’émotion à grand coups de violons et d’envolées lyriques, le film est l’anti-thèse de ce qui définit le génie d’Eastwood à l’accoutume. L’accident industriel de l’année.

5. La Source des Femmes de Radu Mihaileanu
Constamment en dessous de Absurdistan de Veit Helmer – film toujours inédit en France, sur le même fait-divers – le film de Mihaileanu est un ramassis de bonne parole à la morale profondément douteuse. Durant près de deux heures, les femmes subissent les coups de leurs maris, se font huer, frapper, violer, car refusant de se donner aux plaisirs de la chair pour obtenir leur dû. Mais quand vient l’eau, et le puit, enfin installé au village, elles se mettent à chanter en cœur que « La Source des Femmes c’est l’amour ». Traduisez « J’ai un puit, je suis contente, re-viole moi chéri ». Le film bien pensant mais mal pensé de l’année.

6. L’Exercice de l’Etat de Pierre Schoeller
Une mise en scène qui ne fonctionne que par étincelles et qui doit faire avec un scénario sans enjeux dramatiques, car trop couru d’avance. Si Olivier Gourmet tente un minimum d’être crédible, son rôle n’est là que pour nous rappeler que après tout, un ministre, c’est un type comme tout le monde : il boit, il chie, il baise. Et parfois même, il téléphone. Le film « dans lequel les sms sont affichés à l’écran en surbrillance » de l’année.

7. Warrior de Gavin O’Connor
Un film qui surexploite les codes du films de baston et du film de duel fratricide. Forcément, à la fin, les deux frères se tapent sur la gueule, devant les yeux de leur père en larmes : ému de constater que la première fois que ses fils se prennent dans les bras, c’est pour se foutre des side-kicks dans la gueule. Le film « où l’on sait qu’à la fin ils vont finir égalité » de l’année. (L’article sur Intervista)

8. Pater de Alain Cavalier
Le film est un essai, et je ne pourrai pas dire que cet essai n’est pas réussi. Néanmoins, c’est ce genre d’essai qui, face à moi, ne se transforme jamais. Absolument pas réceptif à cette forme de cinéma là, j’ai regardé le film avec un certain intérêt, mais en suis ressorti : ni touché, ni questionné. Le film « qui est pas mal au final mais que tu préfères oublier quand même » de l’année.

9. Captain America de Joe Johnson
On aurait pu espérer une adaptation assez bad-ass d’un super-héros ultra américain, mais Joe Johnston et ses comparses auront été pour le coup, bien frileux. Ni les méchants nazis, ni le super-héros américain au costume le plus ridicule de toute la galaxie, n’aura suffit à me faire apprécier ce divertissement de sous-catégorie. Le film « pour lequel même Hollywood a pas osé être patriote » de l’année.

10. Melancholia de Lars Von Trier
Je suis ressortis de ce film comme après chaque Lars Von Trier, pas étonné, pas surpris, pas enchanté non plus, au contraire. Juste obligé de concevoir la filmographie du Danois comme une démarche d’auteur à laquelle je serais finalement, toute ma vie hermétique, tant sur le fond que sur la forme. Le film de Lars Von Trier de l’année…

J’AI PAS TELLEMENT AIME NON PLUS, ENFIN, SANS PLUS

« Curling » de Denis Côté, « Le Rite » de Mickael Halfstrom, « Scream 4 » de Wes Craven, « L’Aigle de la 9e Légion » de Kevin Macdonald, « Pirates de Caraibes IV » de Rob Marshall, « La Conquête » de Xavier Durringer, « Insidious » de James Wann, « L’Elève Ducobu » de Philippe Chauveron, « Omar m’a tuer » de Roschdy Zem, « Un Monstre à Paris » de Eric Bergeron, « The Lady » de Luc Besson

A NOTER QUE JE N’AI PAS EU LA CHANCE DE VOIR

« Harry Brown » de Daniel Barber, « Winter’s Bone » de Debra Granik, « Revenge (A Better Life) » de Susanne Bier, « Pina » de Wim Wenders, « Essential Killing » de Jerzy Skolimowski, « Tomboy » de Celine Sciamma, « Animal Kingdom » de David Michod, « Une Séparation » de Asghar Farhadi, « J’ai rencontré le diable » de Kim Jee-woon, « The Murderer » de Hong-jin Na, « The Troll Hunter » de André Øvredal, « La Piel que Habito » de Pedro Almodóvar, « Cadavres à la Pelle » de John Landis, « L’Apollonide » de Bertrand Bonello, « We Need to talk about Kevin » de Lynne Ramsay, « Il était une fois en Anatolie » de Nuri Bilge Ceylan, « Les Géants » de Bouli Lanners, « L’Ordre et la Morale » de Mathieu Kassovitz…